Itinéraire d'un HPI ou les tribulations et autres idiosyncrasies d'un Haut Potentiel d'Inadaptation

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mardi, décembre 27 2011

A

lundi, décembre 26 2011

125-134 fin

Hier, j'ai mis un terme à ma carrière de joueur de poker sur un magnifique move. J'étais en début de parole et j'ai balancé All-in avec AJs. Le joueur à ma gauche a suivi avec AA. Deux secondes plus tard, c'était terminé. No regrets. Je n'étais pas fait pour ce jeu, du moins pas en ligne. Trop dispersé. Trop volatile. Trop impulsif. Oh, j'aurais pu devenir bon mais il me m'aurait fallu dompter certaines parties de ma psyché et pour ça il n'y a pas de mystère il faut du temps et du travail, du temps que je n'ai pas, du moins pas à mettre dans ce jeu. Car c'est bien là le problème, tout addictif qu'il soit, tout passionnant qu'il soit, ce jeu n'est qu'un jeu et ce qu'il y a d'emmerdant dans un jeu, c'est que ça ne crée rien. Ca ne sert à rien. C'est du vide.
Or n'est-ce pas là la seule et unique question que nous devons nous poser ? Pas à quoi servons-nous, mais bel et bien Que créons-nous ?


Hier, je suis allé dans une maison de retraite médicalisée voir une personne pour le moins âgée. C'était assez marrant, et très révélateur de notre incapacité à répondre à une autre question : "avons-nous jamais cessé de fuir ?" Bien entendu la réponse est "Non".
Je n'étais jamais rentré dans ce genre d'endroit. Cela doit être assez pénible comme travail. Oh j'ai déjà eu quelques vieux à laver et changer, des diabétiques amputés, Charcot, sclérose en plaque, ah non merde 40 ans c'est pas la vieillesse ça, maladie inconnue, mais que des vieux, toute la journée, dans le même lieu, oui ça doit être pour le moins difficile.


Saletés de vieux. Comme des gosses. Ils sont de vrais miroirs. Nos plus viles angoisses, ils nous les renvoient sans sourciller. Je suis également impressionné par leur facilité à exploiter leur sensibilité, leur empathie, et à emmerder le reste du monde avec. Certains clochards développent aussi cette capacité à l'extrême. C'est marrant qu'il faille être en état de survie pour s'intéresser à cette capacité, de reconnaitre à qui nous avons affaire en un clin d'oeil et de te faire savoir que nous le savons.
La grand-mère était marrante, j'ai trouvé. Ca faisait quatre ou cinq ans que je ne l'avais pas vu. Bien entendu qu'elle m'avait oublié. Elle a déjà du mal a distingué sa petite fille de sa propre fille alors le grand nigaud là, tu penses. M'aurait-elle reconnu en un instant ? "C'est quelqu'un de bien ma petite fille le grand là. Et le plus important il te rend heureuse." Je n'irais pas jusque là mais c'est sympa quand même Mamie. Il était intéressant aussi de comparer ce verdict aux regards qu'elle jetait à son gendre, la soixantaine passée, assis dans un coin, balançant vanne sur vanne car incapable de faire face aux déferlements d'émotions et de sentiments qui se déversaient sur lui. Très intéressant... L'honnêteté se trouve-t-elle au seuil de La Mort ? Peut-être parce qu'ils n'ont plus que le coeur qui fonctionne. Et il est tant afféré à survivre qu'il ne peut plus mentir.

La vérité nous emmerde. Elle nous a toujours emmerdé. Nous maltraitons nos gosses pour qu'ils cessent de nous renvoyer à ce que nous sommes et nous cachons nos vieux pour qu'ils cessent de nous renvoyer à ce que nous allons devenir.

Pourvu qu'il ne s'attarde pas trop. Il devient franchement emmerdant. Et bientôt je vais devoir vendre un rein pour lui payer sa chambre et le quintal de Bépanthène qui l'empêchera de pourrir par l'extérieur. Et eux s'accrochent... RIen que pour nous faire chier d'ailleurs, car la majorité d'entre eux peuvent à peine bouger la tête. Ils ne leur restent rien. Même la plupart de leurs souvenirs se sont envolés. Voilà qui doit être bien pénible. Mourir sans se souvenir qu'on a vécu. Ca te fait pas peur toi ? Moi oui mais non, non mais oui, oui si. J'irais jamais jusque là. Vieillir m'intéresse pas des masses. Au final, à la fin tout le monde te déteste et souhaite qu'on en finisse. Et tout ce qu'il te reste à penser c'est que tu n'as fait qu'emmerder le monde tout le long de ta chienne de vie. Prendre mes bâtons et la route, voilà quelque chose de beaucoup plus intéressant. Le moment venu, j'espère en avoir le courage, et m'endormir au pied d'un arbre.

Entre les gosses et nos vieux, il y a nous. Nous et nos mensonges. Nous et nos mythes. Nous et nos peurs. Où que mon regarde se porte je vois des gens terrifiés, des gens enfermés.
Une liste. MErde, je m'apprêtais à faire une liste. On n'en aurait pas dormi de la nuit ; je connais le monde entier.
Toi ! Mon fidèle lecteur. Je te connais. Tu es tous si différents et tous si identiques que cela m'effraie. TOi l'alchimiste, toi la coureuse, toi l'alcoolique, toi l'informaticien, toi le militaire, toi le prof, toi l'ancien enfant battu, toi l'ancien enfant abandonné, toi le trotskyste, toi le prof, toi qui voudrais écrire un livre, toi qui aurais voulu, toi l'HPI... TOi TOI TOI ! Tu es tous là Lecteur. Toi le divorcé, toi le vieux, ah que je les aime les vieux divorcés putain. J'aime cette capacité qu'ils ont à fermer leur gueule. "Tu es jeune, tu verras".
A vrai dire c'est tous les vieux qui m'éclatent. Avant je ne trainais qu'avec des jeunes. Je déprimais. Je devais montrer l'exemple, respecter les règles, les principes du 19ème siècle. J'étais terne. Pratiquant de course à pied puis maintenant de marche nordique, ce qui est encore pire, je ne traine plus qu'avec des vieux. Je dois dire que la vie est beaucoup plus marrante depuis. Je suis le jeune con et je peux tout me permettre. Beh oui JE NE SAIS PAS MOI ! J'ai pas encore payé assez cher. JE VERRAIS QUAND J'AURAIS SON ÂGE ! Changez rien les gars !

Tous si uniques, tous si semblables. Nous avons tous au moins deux points communs : celui de ne pas savoir ce que nous-sommes et celui d'être terrifiés par le vide que cela impose. A partir de là, comment réussir notre vie ? Difficile à dire non ? C'est con il n'y a personne pour nous expliquer. Faut pas se plaindre aussi, on l'a ptete un peu bien cherché, on n'écoute pas nos gosses et on a enfermé nos vieux. Tu t'es cru grand ? T'as voulu jouer bonhomme ? Eh beh démerde-toi maintenant !

J'ai quelques potes qui n'ont pas d'enfants et n'en auront pas. Des potes fort agréables au demeurant mais qu'on ne peut pas fréquenter trop souvent, ou longtemps plutôt , en continue quoi. C'est que notre relation au monde n'est pas centré au même endroit. Gnagnagnagna !

Logique imparable. Bien entendu, ils se sont inventés tout plein de bonnes raisons pour ça. Bien entendu aucun ne reconnaîtra que ces raisons sont motivés par une seule émotion : la peur. Je comprends cette peur. Du jour où tu deviens parent ta vie change. A tel point que je ne me souviens pas de quelle façon je pouvais bien occuper toutes ces tristes heures dont je disposais avant d'être père. 24 ça fait beaucoup quand même. Mais que peut bien faire un couple sans enfant tout la journée ? CEtte vie change tellement que certains pètent littéralement les plombs. Pour ceux qui tiennent le coup plus rien ne sera pareil. Jamais. Ca, ça fiche drôlement la trouille. Mais pourquoi cette vie change-t-elle et pourquoi ces gens ne sont pas fréquentables très longtemps ? Tout simplement parce que le centre d'intérêt se décentralise. Il y a un rupture nette et brutale de l'homéostasie. Le regard s'externalise. Le système général explose. Reboot. Ce n'est plus toi qui est concerné mais l'enfant. Tu n'es plus concerné. Par toi. Je comprends cette peur. On l'a vu avant hier. Faire un enfant, c'est être responsable de quelqu'un d'autre que soi-même. C'est porté l'avenir sur ses épaules. Ca fiche la trouille ça non ? Je comprends.

Enfermés. Où que mon regard se porte je ne vois que des prisonniers. Des gens enfermés dans leurs principes, dans leurs croyances, refusant de prendre le moindre risque, se réchauffant entre leur parenthèse, leur vie. Non pas qu'elle ne soit pas intéressante, non pas qu'elle soit ennuyeuse, mais elle ne crée plus rien. Ils n'apprennent plus rien, ils ne créent plus rien. Ils n'osent pas.Certains croiront que si mais à y regarder de plus près ce serait plutôt un non, ils confondent juste une émotion avec une autre. Ils suivent le fil du chemin qu'ils se sont tracés il y a trente ans.

Ca m'effraie. Où aller ? Comment m'échapper ? Comment faire ? Je ne veux pas finir comme ça. Comment continuer d'avancer, comment continuer d'évoluer ? Montre-moi qui affronter et je l'affronterai ! Moi ? Mais où suis-je ?


Le temps est donc venu de refermer ce blog. Il restera ouvert jusqu'au mois de novembre mais la plupart des articles vont disparaitre sous peu pour la simple et bonne raison que je ne souhaite pas que mon fils apprenne ce qu'est son père au hasard d'un click. Avec le langage et le vocabulaire d'en enfant de treize ans, ça risquerait de déclencher l'adolescence un peu plus tôt que prévu et je ne suis pas prêt !
C'est de ça que traitait ce blog, les plus perspicaces l'auront compris même si la plupart des articles n'avait rien a voir avec ce sujet, ou le contraire, même si c'est sur le tard. Hein Laurent.
Une autre forme, un autre lieu. Peut-être. A bientôt.

La question que je me pose est quand même fort contraignante. Si nous portons tous une partie de la responsabilité, si nous sommes tous responsables, qui me, qui nous pardonnera ?


dimanche, décembre 25 2011

125-134 suite...

Ce soir c'était noël. Une de mes soeurs est venue avec son amoureux. Nous avons passé un excellent moment, selon mon référentiel. Personne n'a gueulé, personne n'a hurlé, personne n'a dit du mal de celui qui n'était pas là, personne n'a traumatisé personne. Je sais pas si les autres ont kiffé mais pour moi ces absences étaient la matérialisation de la magie de noël. Enfin ! Il y a même eu du silence. Et personne n'a crevé mon ballon d'un coup de couteau.
Tu te souviens papa ? C'était un soir de Noël, ou du jour de l'an. Maman était là aussi donc je devais vraiment pas être vieux. Pas plus de six ans. LA loi en témoigne. TOus les adultes étaient réunis autour d'une table qui me paraissait immense. En vérité, c'était juste une table comme tu aimais les construire. POur douze quoi. On jouait avec les cousins et les cousines au premier étage. Pour tout te dire on s'éclatait. Ils avaient tous un ballon de baudruche qu'ils avaient réussi à récupérer dans ce paquet d'ustensiles festifs, trompettes, rubans, chapeaux, confettis et ballons. J'avais réussi à choper le dernier. Je l'avais gonflé et j'étais descendu pour que tu lui fasses un noeud. Je n'ai jamais oublié ton visage ce soir-là. Jamais. Tu as pris ton couteau d'un air épuisé et posé la pointe sur le ballon. Il a explosé. Et moi aussi... C'était le dernier du paquet. Je n'ai jamais oublié !
Je me souviens de mon premier et unique salon du livre auquel j'ai participé en tant qu'auteur. Vous étiez venu me voir. Tu venais de lire Cyrulnik. La résilience... Et tu m'as balancé comme ça, que c'était bien beau tout ça mais qu'on ne savait pas. Son fils peut devenir serial killer c'est pas pour ça qu'en tant que père on en est responsable. J'ai acquiescé. Il faut dire que le repas offert aux auteurs était largement arrosé, et surtout gratos. Oui je suis lâche. C'est quand même une des plus grosses conneries qu'on m'ait jamais sorti, et elle venait de la bouche de mon propre père... J'ai acquiescé.
Il y a tout de même une référence qui vaut son poids. Il serait bon de rappeler à quelques-uns des mes lecteurs qui hésitent encore à basculer gauche droite bien que la plupart de mes amis aient suffisamment d'intelligence et de force pour demeurer agnostiques, que tous, et quand je dis tous c'est qu'on doit flirter avec les 98 ou 99% (je précise pour mes potes les plus rationnels, ceux qui ne sauraient définir leur réalité sans groupe témoin) des criminels ont été des enfants maltraités, à l'inverse et c'est là que tu peux remercier qui de droit, dieu peut-être, tous les enfants maltraités ne deviennent pas criminels. Et heureusement pour toi Papa et heureusement pour toi MAman. Sans ça vous seriez morts. Moi aussi mais cela ne compte pas. Cela n'a jamais vraiment compté, pour moi.
C'est marrant. Ces derniers billets, j'ouvre le blog pour parler d'un truc et je parle de tout autre chose. Je reconnais les signes annonciateurs. Hum. Je voudrais t'expliquer mais ça m'emmerde. Il est 2h34, 3h01 maintenant. Demain midi je me fais les beaux parents, une nuit de taf et j'enchaine le lendemain midi avec la Dudu family.
Mouais. Je voulais dire des trucs mais non en fait. Je vais devoir vous quitter. Quand ? Je sais pas. Très prochainement... Du moins sous cette forme. Ce n'était pas prévu. Ca vibre. c'est une intuition. Ce n'est pas un énième caprice trollesque. C'est de l'ordre du fondamental.
Ami lecteur, ce blog est voué à s'autodétruire. Mon fils grandit, un matin en me levant, je l'ai surpris en train de se palucher devant une vidéo d'origami sur you tube. "Comment faire un cygne ? " Tout un programme... Oui il grandit et il cause plus que son âge, il lit plus aussi... Comme un enfant de treize ans. Lequel je sais pas. Celui qui est en seconde ou en sixième ? Mais crois-tu un instant que je supporterais cette image d'un fils lisant le blog pathétique de son père ? Souviens-toi, la barre... On a chacun la nôtre. Et là mienne est toujours au-dessus de ce que je...
Je reviendrais te dire au revoir, au volant de ma Gran Torino, probablement.

samedi, décembre 24 2011

125-134

Quelque part entre les deux se trouve une clé. La mienne, la sienne.
Attention démultiplication.
Le free nordic walking club vient assumer mes délires. MEs pensées se retrouvent regroupées ici. Les commentaires mourants, absents ou présents ne sauraient combler le vide.
Enfin je me lie. Au Ragondin. Pour un temps jouons le jeu. Je t'aime. Comme j'en ai aimé d'autres. Qui me causaient aussi. Certains plus haut que moi, comme toi, pour ne pas dire tous, comme ma copine Létice, comme celle qui aurait pu être si elle n'avait été, Silyam, comme mon poto Vaima ou mon futur témoin Pédrolito de La Mancha, du jour où j'aurais l'argent pour épouser celle qui. Ça se résume à ça l'amour ? Oui mes chéris. Pas à l'argent, mais à la beauté. La beauté a un prix. Se marier sous un Stradivarius ou dans un gymnase, je choisis le blog. Veux-tu m'épouser ici et maintenant ? Pas de réponse. Normal, elle dort. Aucun risque.
Entre-nous je kifferais me marier à 70 ans, après 50 ans de bons et loyaux services. Mais non je n'insinue pas que vous faites tout à l'envers. 50% de divorce ça vous titouille pas le neurone, non ?
Putain, le sens que j'y mettrais, si mes genoux veulent encore se plier... Enfin bon, ma mère m'a incorporé dès mon plus jeune âge, vers treize ou quatorze ans, qu'aucun homme de la famille ne dépassait 50 ans... On est à moins 14. Bon ok pour le mariage c'est rapé, mais ça laisse quand même le temps de faire un ou deux trucs car sachant que la première qualité d'un HPI est la loyauté, sachant que la première qualité d'un enfant est la loyauté à ses parents (et non l'ingratitude comme on s'efforce de nous le faire croire), sachant que hein oui bon, vous connaissez mon coefficient poisse ^^ il y a peu de chance qu'on s'embrasse sous le portrait du président du moment. Désolé Chérie. Allez, pour faire plaisir à tout le monde, d'autant que beaucoup d'entre vous nous aurons également quitté l'hypothétique moment venu, je vous raconteraisssssssssss ce mariage qui n'aura pas lieu. Mais un peu plus tard. AU mois de mars, j'ai pas grand chose.
Nous nous situons tous quelque part entre la peur et le courage. Combien de fois me suis-je sacrifié ? Combien de fois ai-je défié ? Je m'en souviens. J'avais treize ans quand j'ai débarqué à Saint-Hubert depuis ma campagne. Un doigt levé et un Amiga 500 est égal à deux potes à vie ? Mouais tu parles, des noirs, deux négros, l'un catho africain, l'autre des îles. Putain. L'égalité des chances. Ouais c'est ça. J'aurais préféré un pote hongrois, l'autre franco grec... Pas de chance. Je suis bien obligé de les aimer. La loyauté. Tu comprends.

You may say I'm a dreamer

SI je repense à ce jour où j'ai levé le doigt, je sais.je sais qu'au fond de moi je pourrais mourir pour une idée... Remarquez, elle n'a rien d'extraordinaire cette idée. C'est celle de Steeve. La bonne idée au bon moment.

T'inquiètes, d'autres de ces moments me rappellent en contrepartie que je pourrais aussi courber l'échine et fermer ma gueule, comme ces jours où.%%% Je suis l'indéfini.


Je me souviendrais longtemps de ce jour où mon pote Sly, mon Sly pote m'a dit du haut de ses 18 piges que je plaçais la barre trop haute (à 18 ans je vous laisse imaginer de quoi on causait ;) ) . Je n'ai rien su répondre. Comme d'hab'. 17 ans que je ressasse cette scène. Bien entendu je suis passé par dessus la barre du moment. Bon mes potes aiment répéter dans les soirées que ça a pris un certains temps, mais peu importe. On voit le résultat quinze ans après
Tout ça ne veut pas dire que je sais où placer cette fichue barre. Enfin si je sais. Encore plus haut. Toujours plus haut. C'est pas ma faute. Je comprends pas, et je ne peux pas comprendre comment on peut placer la barre suffisamment basse pour être sûr de la sauter et s'en satisfaire. Moi quand je suis sûr de passer beh justement je rentre dedans. Ca m'emmerde. J'ai pas que ça à foutre.
Tu sais pas où placer ta barre ? A 35 ans C'est grave docteur ? Non, t'es juste en retard. C'est d'un commun pour un HPI. Et pourtant je vise un but... Une cible... SI haute, si éloignée... Et si banale à la fois.
Et comme je ne suis rien, la prochaine fois je vous raconterais peut-être de quelle façon on construit et entretient ses échecs. S'il y a une prochaine fois...
Il est venu et m'a dit : " Papa, plus tard je veux être artiste" J'ai répondu : "ok".
Moi 35 ans, lui 8. 125-134. Quelque part entre les deux. Et deux objectifs proprement incompatibles.
A-t-on déjà vu un artiste heureux ?
Devrais-je mourir pour te grandir fils ? No problem. J'y cours. Je me rue. Mozart, tout génie qu'il soit, avait bien un père et une mère.
Just
Ok. Recentrage massif. Quel était le but de ce billet ?
Le voici
Jung a défini quatre types psychologique interchangeables, internes externes et patati patata. Ouais je sais. La psychologie à 111 ans et c'est une science bâtarde, comparée à l'astronologie. A mon grand regret. J'aimerais être né 50 ans plus tard. Merci.
Quel était le but de ce billet ? Le voici ?
Tout le monde n'est pas Mozart. Tout le monde n'est pas les quatre types en un.
La question du départ, donc avant que je ne me mette à arborescer, était, à quoi peut bien servir un Tuitif ?
La réponse se trouve très explicitement dans ce film. Un Tuitif associé à un Pensée, ou disons plutôt Cartésien ou Rationnel, ne fait rien moins que changer les règles du jeu. Et comme en plus la première qualité d'un Tuitif est la loyauté, à la fin il... Mmm J'adore. Vous noterez sans peine la vaillance du Tuitif. Autrement dit " Il les a accrochées là où il faut Bob"
D'un côté ou de l'autre. Viens me voir à 9h ou à 21h et je te dirais de quel côté de la confiance je bascule.
CE blog ne se résumerait-il plus qu'à une espèce de journal intime supermalfagoté et bien entendu pathétiquement indiscret ? J'expose, tu vois. mmmmmmmmmmmmmm Taquines-moi chéries !%%% Jusqu'à quand ;)



mercredi, septembre 28 2011

Oki O Tsukete…

"Je veux que ma vie ait de l'importance. Je le veux parce que je suis un être humain" Miyamoto Musashi.
Tu te souviens de Musashi ? La Pierre et LE Sabre. TOut un symbole. Je pense que ta vie a eu de l'importance pour une quinzaine de personnes. Une vraie importance je veux dire. De celle que tu portes dans les tripes pour le temps qu'il te reste à tirer. On dirait que ça fait peu comme ça mais j'ai dans l'idée qu'en réalité c'est énorme. Vue d'ici j'ai pas l'impression qu'à la fin d'une vie il reste grand monde.
Je crois pas non plus qu'il existe quelque chose qui me sera un jour épargné. Bon faut bien avouer que sur ce coup-là j'avais un peu de retard aussi. Arrivé à 35 berges sans avoir perdu d'être cher, vraiment cher, c'était quand même relativement indigne de ma condition. C'est vrai quoi, ces deux grands-pères comptaient que dalle, ils savaient à peine que j'existais. J'allais pas pleurer pour eux. Quant aux autres... Bon, on s'en tape. Toute façon avec toi, j'ai rattrapé mon retard et pris 15 ans d'avance.
Aujourd'hui, je suis allé à tes funérailles. C'était sympa. C'était cool. On a bien rigolé en traversant la cité touristique du Père Lachaise,. J'ai même smsisé mon ami suisse pour qu'il me trouve l'adresse de Jim. C'est qu'y a du monde là-bas. Un gps serait pas de trop. Enfin tout ça, c'était juste avant d'entrer dans la salle du bûcher.
Je sais pas si t'as connu ça. On en parlait souvent de la mort. On faisait les beaux, on faisait les fiers, oh ça, elle ne nous faisait pas peur hein. Non. C'est toujours la cas. Ça doit être un sacré pied quand même ce silence, ce noir, ce vide, ce repos. Ouep !
Enfin bon, t'as raté un truc de la vie quand même. Cette émotion. Je sais pas si tu l'as déjà connue. En fait c'est pour ça que je suis venu. L'émotion. La réunion mondaine tu sais où je te la mets hein. L'émotion. Bon j'avoue que j'avais bien envie de rencontrer ton petit-frère aussi et je peux te dire qu'il ne m'a pas déçu. Il a été un Homme aujourd'hui. T'aurais été fier de lui.
Mais l'émotion. C'est de ça dont je te parle depuis tout à l'heure, de cette peine mec. Honnêtement je ne m'attendais pas à ce que cela soit si violent, si envahissant. Je pensais avoir payé mes dettes, avoir réglé la note. Je venais pour l'expérience et être à côté des proches en sommes. Mais quand j'ai vu ton visage sur le poster, quand la musique a retenti... L'esprit n'y a pas suffit. Non. L'esprit a ses limites...
Cette peine. Je ne parle pas des cris de ton père que j'ai - tout comme ton amoureuse - ressenti aussi vides que la tête d'Eve Angeli devant une équation du second degré et qui paradoxalement venaient calmer mes sanglots. Non je te parle de la peine de cette poignée de gens venue te voir une dernière fois. Oh il n'était pas nombreux, mais putain ce qu'ils ont chialé, ce qu'on a chialé. D'ailleurs ce n'est toujours pas terminé. Oh on a l'impression que c'est le cas mais c'est pas vrai. C'est juste que la machine à pleurs refabrique un peu de larmes pour dans dix minutes. Une fontaine de larmes comme dernier cadeau. Ça le fait.
Tu sais je voudrais écrire beaucoup de choses sur tout ce que j'ai observé aujourd'hui, les belles et les autres. On ne pleure pas les yeux fermés. Mais je suis lessivé. J'ai l'impression d'avoir passé la journée scotché au milieu d'une de ces machines à nettoyer les voitures. Tu sais, le machin débile avec les rouleaux derrière lequel les gens vont faire la queue le dimanche après-midi quand il fait beau. Voilà. Moi, j'étais au milieu. C'est de là que je sors. J'espère que je serais propre demain mais j'ai un doute. J'ai comme l'impression d'avoir encore perdu quelques morceaux de peau. C'est pas grave. Faut bien trouver une occupation pour les dix ou vingt prochaines années.
Bon beh t'es toujours mort hein. Une troisième fois, je veux dire.
Tu sais d'ordinaire c'est plutôt tranquille. Tu meures, tout est réglé dans la semaine et le jeudi suivant on passe à autre chose. Toi non. Il a encore fallu que tu fasses ton original. Ça fait plus de trois ans et t'en finis pas de crever. La première c'était sous ta chaudière. Ça t'a pris un certain temps. La seconde, trois ans plus tard quand on a appris la nouvelle fin aout/début septembre. On a bien rit. On a bien pleuré ok. On a récupéré et on a repris notre petit combat quotidien et pan ! Tu meurs une troisième fois, trois semaines plus tard lors de tes funérailles. Sympa !
Aujourd'hui on fait quoi ? Beh on repart de zéro. On chiale comme à notre premier mort. Faut que t'arrêtes hein. Trois fois c'est bon. Ça suffit maintenant ! Bon toute façon on a tout brûler là. Il reste que dalle. Mais bon avec toi je me méfie. On sait jamais. Déjà mourir trois fois c'est pas banal hein. Pourquoi pas quatre ? Paraît que ton petit frère veut emmener tes cendres au Japon...

samedi, septembre 10 2011

La clé de Sol

Par So,

Pourquoi disparaître ? J'ai trouvé une réponse potable qui doit pas être loin d'la vérité, du moins j'aime y croire, : Parce que le seul moyen d'être libre, c'est de ne pas exister.

« Dépasser le superficiel pour accéder à l'essentiel. »  C'était ton crédo, ton leitmotiv. Je sais qu'il ne se passait pas une journée sans que tu t'imposes cette droiture. C'était ton chemin de vie, qui t'aura mené jusqu'à ton essentiel : ta mort si chérie. Mais t'aurais dû le savoir, que tu faisais partie de notre essentiel, notre famille. On ne sépare pas l'inséparable...
«  Qui est mon essentiel, ou quoi ? Comment savoir, être sure ? Et quand tu partiras, il y aura quoi ? Comment on fait pour avancer quand on a plus de jus ? [...] Et quand tu seras parti, je fais comment pour ne pas suffoquer ? » Voilà un passage de la lettre que je t'ai écrit pour noël 2008.
Je ne pensais pas avoir vu juste. Tu as été la lire dans cette cuisine orange où tu passais tant de temps. Je t'ai croisé dans le couloir, ma lettre à la main, une larme à l'œil, et un sourire monstrueux.
 Tu m'as simplement dit : «  C'est merveilleux ce que je vis ici, avec toi, avec vous tous... » Avec un truc dans le regard que j'n'avais pas saisi ... Comme un regret. Tu savais peut-être déjà comment tu finirais... Tu as plié la lettre en deux, l'a glissé dans ta poche arrière «  spéciale fourre-tout ».  Et ce soir-là, en allant me coucher je suis venue te voir sur notre balcon. Tu regardais la Lune, avec cette belle mélancolie dans les yeux et le sourire dont tout le monde se rappelle. Et toute ma foutue vie je me rappellerais de ce que tu m’as dit. «  On échappe pas à sa life, So. » Putain, non c'est sur je n’échapperais pas à ma vie, quoi que ça fais bien deux trois jours qu'elle me glisse un peu des mains, mais t'inquiètes ça va le faire. Mais tu sais ce qu'il y a de pire ? C'est d'pas pouvoir échapper à ta mort. Ma vie c'est pas grave, j'en fais mon affaire, après tout, vous m'avez donné assez de cartes en main pour que j'arrive à me démerder. Mais ta mort... Ca, non, j'étais pas prête.

Moi j'te voyais parti en héros, en aventurier, en explorateur de terres encore inexplorées par l'homme, moi j'te croyais fort. Moi et mes foutues idées, j'te jure...  Tu serais revenu en m'disant qu't'avais été sur Mars que j'aurais été prête à te croire. Quelle conne je fais aujourd'hui... Je réécris ce texte pour la énième fois. Le premier était naze mais c'était du brut, j'avais bu, fumé, pleuré. C'était de la douleur en vrac... Le second était magnifique. Tout était à sa place. La rage était mesurée, les souvenirs heureux, les mots sont venus d'eux même.
Allé ! Pour une fois j'me fais péter l'égo sans honte, c'était un putain d'hommage que j't'avais fait.
Et cette saleté de technologie ... Tu t'en fou toi, t'es mort ... Mais moi, moi qui vis, moi qui doit inspirer et expirer à chaque seconde même si ça m'fait mal à en crever, j'ai vu mon deuil s'effacer en en un dixième de seconde. Boum, les pages étaient blanches, immaculées. Et à la fin de la seconde, les larmes avaient déjà coulées. C'en était trop. T'avais pas l'droit d'partir. Déjà qu'j'accepte ça, le destin se fout d'ma gueule ouvertement et supprime en un clignement d'œil tout ce que j'avais sur le cœur depuis trois jours. Je me suis littéralement effondrée. Mais je n'étais pas seule, l'homme avec qui je vis m'a prise par la main et m'a emmené jusqu'à mon pc. Je pleurais toutes les larmes de mon corps, tu sais, avec les sanglots, le poing serré, les cris de rage étouffés et tout et tout. Il m'a dit : «  Assis toi là et réécris. C'est ça être quelqu'un ! Tu peux aller t'casser la main en tapant dehors sur un mur si tu veux avant, mais ce sera moins facile pour écrire.  C'est toi qui vois. J'm'en fou si t'y reste jusqu’à 6h du matin, mais tu le réécris.»

J'ai la sensation que si je ne réécris pas maintenant, je ne le ferais plus jamais. La douleur ne sera plus la même, j'aurais eu le temps d'imaginer mille fois ton suicide, la brûlure que j'ai dans l'estomac sera moins vive, le gout dégueulasse que j'ai dans la bouche aura disparu. Et je ne voudrais pas ce texte avec moins d'émotions qu'il n'est possible.

J'ai retrouvé quelques bouts d'Histoire dans mes tiroirs. En fouillant mes petits carnets, j'ai trouvé des tickets de métro, des phrases, des dessins. Sans parler de la magie d'internet où tu existes encore. Tes clips, tes musiques, tes photos. Tu laisses tellement de choses derrière toi que je me dis que c'est peut-être pour ça que tu n'es plus là. A vivre intensément, on devient fou. Et tu l'étais, mais j'adorais ça.


Tu te souviens de cette nuit blanche, Cédric, le jour de l'an 2008 ? Dans la chambre ou tu comptais les jours, de bâtons en bâtons... Le premier jour de l'année de ta mort/disparition/suicide/ réincarnation/ qui sait ? J'avais 15 ans. Et je savais qu'un jour tu partirais. Mais tu te souviens ? Tu m'avais dit qu'à mes 18 ans tu reviendrais, un jour... Pour voir ce que j'étais.
Tu l'avais dit enfoiré, t'avais pas promis, mais dans ta bouche ça sonnait pareil ! Tu devais revenir ...
Le soleil s'est levé et j'y croyais. Je l'ai cru jusqu'au 7 septembre 2011. Il me restait encore du temps, je n'avais pas 19 ans, tout était encore possible, je ne t'en voulais pas d'être long, j'attendais tranquillement que tu reviennes vers nous.

Le lendemain, on allait sur Paris, de bastille à république, poussant la porte de nombreux magasins « L'indien -Toncham - Manga toys - Konci » et j'en oublie ... On y avait trouvé le coffret de Rémi sans famille pour Ange, et Sol bianca. Je me rappelle encore de la citation du début : « Celui qui aime trop est toujours le perdant en proie à mille tourments. » J'ai perdu le texte que cette phrase m'avait inspiré peu de temps après que tu sois partis ; et c'était déjà une perte...
La sortie suivante date du 19 janvier, aux Halles, à Muji. Je t'avais acheté un cahier - tu te souviens, de mon «  Death-Note » ? J'étais une gamine, je ne réalisais même pas ce que je t'ai mis entre les mains. Non mais quelle conne. Comme une pauv' môme, 15 piges, des étoiles dans les yeux, j'trouve un beau cahier et j'te l'fou dans les mains «  Tiens, Cédric, c'est ton death-note. ». Toi t'y pensais vraiment, et moi j'en riais. Tu m'avais répondu : «  Je n'avais encore jamais de nom à un cahier, mais celui-ci en mérite bien un, même si le nom est déjà connu... » J'espère au moins qu't'es mort avec...

Ce jour-là, tu étais bien vivant, et je me souviens de ce moment dans le rer ou nous faisions des étoiles en papier, cette après-midi, en passant par Notre Dame, Saint Michel, et les rue pavés où je t'avais dit en passant devant une église gothique : «  Tu imagines la, un mec dans la dernière tour, tout là-haut, avec juste un casque sur les oreilles, une feuille et un stylo, les jambes dans le vide, avec un corbeau sur l'épaule. » tu m'avais seulement répondu «  Tu tiens ton bouquin. »

Nous avions même mangé une glace. Tu m'avais forcé ! «  Mais si, il faut que tu goûtes les glaces de Berthillon, c'est pas n'importe quelle glace ». J'ai pris pèche & agenaise et j'ai aimé ça, mais je n'y suis jamais retourné, je le ferais peut-être... Je ne sais pas comment, mais je revois encore la panneau indiquant la rue de « Saint louis de l'île ». Je me rappelle avoir regardé les péniches passer pendant une heure, assise parterre sur les quais de seine, à parler avec toi. Tu m’as montré où tu avais eu ton premier boulot. On est passés devant Boulinier et on à céder à l'appel des livres. Il y avait tant de titres accrocheurs, on était comme fous devant tous ces bouquins, on en avait cinq dans chaque main. Les trois que j'ai achetés ce jour-là me sont précieux aujourd'hui. J'avais noté tous les titres qui nous causaient :  « Une personne décalée ; La verticale de la Lune ; gris paradis ; La mort de l'enfance ; La morale de l'ambiguïté ( c'est bien un truc à toi ça, tiens ! ) ; Elue du dragon » . On y avait aussi trouvé un vinyle d'Ulysse 31, et il me semble même que ce n'était pas la bonne version.
Après ce fut le Retour à la maison. «  Faut préciser parce qu'un retour, c'est pas forcément à la maison. » tu m'avais dit ça aussi. Avant d'me dire que j'avais sauvé ta journée. Si seulement j'avais pu te sauver la vie...
Si je devais me souvenirs d'une seule journée, ce serait peut-être celle-ci.

Je ris, je pleure, je ne sais plus où situer mon problème. Quelque part  je me dis «  Pourquoi pleurer un type qui a tout fait pour prouver au monde entier qu’il ne valait pas une larme ? » On se le dit, et puis on pleure quand même. Tu vois nous, on n’s’était pas fichus de toi. T’aurais pu vivre l’éternité dans ton placard à balai si tu l’avais voulu. T’as préféré la chaudière, bon. Ça t'a donné raison. Tout le monde s’en fiche royalement de ton corps retrouvé trois après au final, le journal t’insultes même ! - Connu pour être dépressif - Non, mais, c’est une blague ? Ils se sont mal renseignés ! Ils n’ont rien compris. T’en avais fait un art, de la dépression, Toi. Jusqu’à la fin. C'était beau, cette part d'ombre que tu portais.

Disparaître, trouver ta grotte ou ta chaudière, ton petit coin rien qu’à toi, bien sombre et lugubre, où personne ne vient jamais. Où tu étais déjà un fantôme parmi les vivants. Où t’as du écouter « Good day for dying » avant de t’ouvrir les veines comme un torturé. Je vois bien le sang coulé sur tes dernières pages, ou quelque chose dans ce goût-là. C’était ça ton plan ?! On est en colère, et c’est légitime. T’avais pas le droit de partir en sachant qu’on ne pourrait pas te dire au revoir.  Tu n’en voulais ptete pas, mais t’avais pas l’droit d’nous enlever l’amour qu’on te portait… Et pourtant, en un clin d’œil tu t’es volatilisé avec. Il nous en reste assez pour te pleurer, alors tu vois, c’est ballot. T’as l’air d’un con maintenant, où que tu sois. Même si j’imagine assez bien que t’as dû être sacrément fier de toi en faisant ça. Tu devais te dire «  Je leur prouverais a tous que j’avais raison. Personne ne me cherchera, personne ne me trouvera, et je resterais là, jusqu’à pourrir, à deux pas de mes plus beaux souvenirs pendant les mois à venir. » Evidemment que personne ne vas te chercher, tu as pris la fuite. On savait ton départ choisis, et aucun d’entre nous n’avait la possibilité de te faire rester de toute manière. On savait que tu ne crèverais pas bien vieux, mais là tu nous as bien eus. Trois ans sous une chaudière. Dans le journal tu es «  Le mystère du squelette », je suis sure que ça, ça t’aurais plu. Finir sur un dernier mystère, une dernière énigme, et pas des moindres, celle de ton identité, de ton histoire. Ils ont retrouvés ton corps et ta carte d’identité, mais qu’est-ce que c’est un cadavre de plus ou de moins à Paris ? Ça ne vaut rien. Pas un clou. Y’en a mille par jour des suicides, mille autres qui appel au secours, et le monde continue de tourner. Quand t'étais là, y'en avait pleins des suicidaires, mais on s'en battait les steaks... Alors pour le monde, ta mort ne vaut rien. Mais pour nous, putain, pour Nous, tu n'imagines même pas. C'est insupportable, la douleur m'opprime. J'en suffoque, j'en dégueule, j'en hurlerais si je n'vivais pas en plein Paris, j'en taperais sur des murs de crépis, j'm'en arracherais les tripes au réveil... Mais le monde lui, il s'en fiche que tu sois mort, le soleil aussi, il se lève quand même, puis vient le tour de la lune. Les jours passent comme ça. Je ne les vois pas, je ne les vis pas.
Parce que tu ne vis plus.
Nous, on connait l’histoire. On sait. On comprend même pourquoi tu t’es laissé pourrir pendant trois ans dans une chaufferie. T’en connais beaucoup toi, des gens qui accepteraient ça sans que tu ne baisses dans leur estime ? On avait créé une famille. Monter de toutes pièces. On était en haut d’un château de cartes  pas très solide, je te l’accorde, un peu comme quand tu es venu me chercher à 5 mètres de haut sur l’échafaudage le jour du papier peint alors que je paniquais. Mais c’était un sacré château de cartes quand même. Le problème du château de cartes, c’est qu’il se pète la gueule au moindre coup de vent. Alors quand t’as fermé la porte, ton sac et ton casque à la main, ton cuir sur le dos, y’a eu un effet tsunami. Avec Loïc, on est comme des cons. On t'as vu partir, tu nous as même embrassé, enfoiré, et on reste prostrés plusieurs heures sans bouger d'un cil maintenant qu'on sait que c'était notre dernière fois. Toute la merde accumulée par chacun d’entre nous s’est amassée tout doucement dans un coin, et avant même qu’on ne s’en rende compte une masse innommable nous déferlait sur la gueule. Le château s’écroulait…
La famille disloquée, il a fallu survivre, coûte que coûte, quand on a la force de le faire, ce serait con de finir sous une chaudière.
Reconstruire. Essayer. Apprendre.
Espérer. Attendre. Entretenir les souvenirs jours après jours. Jusqu’à faire 3 ans.
3 ans d’espoir vain. De vie sans toi. Tout ce qu’on a vécu depuis que tu es partis, c’était vraiment sans toi. Tu n’étais déjà plus là. Alors qu’étrangement je me suis toujours sentie un peu accompagnée. C’est peut-être pour ça que je me sens si bizarre en pensant à ta mort … si bizarre.
 Pendant trois ans j'ai attendu. Me disant : «  Il reviendra, il l'a dit. Et puis il revient toujours. » A mes 17 ans, je me suis fait tatoué ce que l'on avait (re)nommer « Ma clé de Sol » sur le poignet droit. J'y rajouterais un K bientôt. On avait décidé d'ça comme ça : tu étais la flèche pleine, j'étais les pointillés.  Tu vois, tu faisais encore partie d'ma vie. On te porte tous en nous. C'était pour me rappeler ce que je devais faire, qui je devais être. Mais cette clé ne suffit plus à présent. Il me faut plus, plus, et encore plus. Tu as laissés tant de choses derrière toi et à la fois si peu. Quand je me serais rappelé de tout, il restera quoi ?
Et je retrouve ce texte que j'ai écrit le 27 décembre 2007, nous étions tous installés dans le canapé, et nous avons passé la soirée à écrire sur les thèmes imposés. C'est toi qui avais choisis le mien, le premier, tu te souviens ? «  Shadow »...
Je me rappelle que ma Sœur avait écrit sur «  l'étoile ». Ange était partit sur un vaisseau spatial qui emmenait plein d'potos dans une autre galaxie, avec dix litres de bière dans les tonneaux. Ou quelque chose approchant. Mais je ne me rappelle pas de ce que tu avais écrit. Pourtant tu étais là, je l'sais, j'en suis quasi-sure. Ma mémoire ne peut pas me faire défaut, pas ce soir. Il est 5h17, et je me rappelle Mokona. Je me rappelle du discours de la méthode, légué selon un rituel propre à toi-même : dédicace mystérieuse et philosophique ; toujours remplis de messages, de signes. Accompagné par tes fidèles points de suspensions, guillemets et ton «  open you're eyes ^_^ ».
Je me rappelle ce dessin que tu avais fait de notre famille. Je me rappelle ces films que tu nous faisais engloutir pendant des heures entières. Je me rappelle tes vieilles roulées qui t’accompagnaient quand tu n’avais pas ton paquet de Lucky Strike souple dans la poche de ton seul et unique jean. Je me rappelle ces dessins de Kaneda et Tetsuo que tu m’avais donnés. Je me rappelle ces délires vidéo avec Loïc et ma Sœur. La pénitence face à la salle de bain, avec le câlin général qui suit. Les cris de psychopathes, les histoires qu'on se racontait. «  Et si... » ?
Je me rappelle les balades en forêt. Je me rappelle le ballon de basket. Je me rappelle ta guitare électrique. Je me rappelle de ton odeur le jour où j'ai pleuré dans tes bras, de ton sourire narquois quand je m'faisais punir, de tes «  J't'avais prévenu ! » à la fois embêté et moqueur. Je me rappelle  chacun de tes « Bonne nuit So » sur la mezzanine. Je me rappelle la frustration que j'éprouvais à vous voir discutez, tous, des nuits durant, sans pouvoir le vivre. Déjà j'avais l'impression de rater quelque chose.

« On n’fait pas ça à la famille Kaneda » Mon frère à raison. On n’abandonne pas comme ça toute une vie de souffrance. On se bat, c’est ça la vie. On ne va pas se cacher trois ans sous une chaudière pour crever comme un pauvre type. C’est pathétique. T’as fait dans le pathos mon vieux. Du bon gros pathos bien dégueulasse à avaler. Tellement hard a déglutir qu’on en a tous gerber. Tu sais qu’on est comme ça dans la fratrie, quand il arrive un truc crade, on le dégueule. Dans la Seine, les chiottes, peu importe. Après un thé, un cône, ou une graine, on l’a craché ton venin, on l’a craché ta mort misérable. C’était répugnant, et on à abandonner quelques souvenirs  dans la morve d’un mouchoir sale et détrempé. Parce que ta mort est à la fois misérable et magnifique. Misérable pour le côté «  Jai-toujours-rêvé-de-crever-seul-dans-une-chaufferie-comme-un-écorché-vif » ;  Magnifique car pour ton dernier acte, tu as tout fait dans le symbolique.

Je ne peux pas t'en vouloir ; je n'y arrive pas. Je ne peux que continuer de t'aimer, pleurant goutte à goutte l'histoire de notre famille... Mais je te dois un Merci.
Tu sais, c'est pas pour me la jouez égocentrique, mais j'ai toujours pensé que la dernière personne qui pourrait encore un jour rameuter toute la troupe pour des « retrouvailles de famille » ce serait moi... Tu m'auras au moins offert ça en partant. J'espère que de là-haut, là-bas, où ? Peu m'importe, tu souris. J'espère que tu es libéré de ton corps qui t'emmerdait tant, j'aimerais aussi que tu sois libéré de ton esprit, parce qu'il pouvait faire des dégâts quand même. Si ça se trouve, une fois qu't'es mort, tu peux encore te resuicider ... Va savoir. Alors si à chaque vie s'écoule un petit peu plus de toi. Tu finiras complétement désintégré. Ça m'emmerderait. Je ne crois en rien, mais s'il y à la moindre petite chance que je te revois à la fin de ma vie, ou des douze autres à venir, je ne veux pas la gâcher. Alors si tu peux voir ce que j'écris de la dimension des morts : «  Reste bien vivant là-bas. Attends-nous. Et garde les yeux ouverts, voit, vit à travers nous ce que tu n'arrivais pas à vivre seul. »
Tu te souviens du mot de la Fin ? Je les avais tous notés.
«  Vivre au présent pour pouvoir changer le mot de la fin à chaque instant :
Rêver... Continuer... Se souvenirs...Y croire... Rester ici... Avancer... Etre à la hauteur... Rencontrer... Etre deux... Ecrire ... Pouvoir... Tourner la page. »

C'est drôle, ils sont dans l'ordre chronologique et j'y vois une histoire. La tienne, la nôtre, la vôtre...
Le dernier mot de la fin date du 22 Janvier, sur mon cahier, c'est la dernière chose que tu as écrit :
«  Tourner la page. » Quel enfoiré tu fais. C'est vraiment à croire que tout étais prévu depuis le début... En tout cas, merci d'être passé, de nous avoir aimés. On t'a rendu la pareille, mais c'était pas suffisant...
T'es arrivé dans ma vie comme un nouveau réverbère dans une rue sombre où l'on est obligé de passer tard le soir. T'es reparti aussi sec, comme un connard lance une pierre sur le lampadaire. Clac. Noir complet. Vide totale. Tu n'a plus de sang, je n'ai plus de larmes. Ton cœur ne bat plus, le mien trop vite. Tes poumons restent immobiles tandis que les miens se noircissent cette nuit. Tes yeux sont clos, les miens biens ouverts comme tu me l'avais dit. Et avec j'irais voir «  ta dernière demeure » comme l'appelle Loïc. Je ne le ressens pas comme du glauque, ce n'est pas malsain, ce n'est pas pour souffrir que j'irais. Ce sera pour comprendre, pour savoir.
Juste pour savoir, parce que je ne sais même pas à quoi ça ressemble une putain de chaufferie ! J'imagine une dernière fois ton cadavre étendu sur le sol, et je vois deux ailes noires te pousser dans le dos. Je te vois t'envoler, libre. Parce qu'il n'y a que ça qui compte au final : la liberté.
Je ne t'oublierais pas. On n’oublie pas l'inoubliable.

mercredi, septembre 7 2011

Question Existe-en-Ciel

''"Le squelette d'un homme a été découvert mercredi par des ouvriers intervenant sur la chaufferie d'un immeuble du 19e arrondissement de Paris, indique jeudi Le Parisien. Le corps était habillé, la carte d'identité d'un homme de 32 ans a été retrouvée sur lui. Source : lejdd.fr "''






J'en ai une de question existentielle. Je me suis toujours demandé si ce soir, en sortant du macdo de Mennecy vers 22h30, alors qu'on venait de se décider d'aller terminer la nuit sur les falaises d'Etretat, si tu avais voulu me serrer dans un coin lorsque ta main a frôlé la mienne et que tu m'as suggéré de nous arrêter dans un coin sombre. Ça ne m'aurait pas étonné plus que ça, toi et tes expériences bizarres. Bon, comme je ne suis pas prompt à la répartie et que je n'ai jamais fantasmé sur les grosses bites de blackos, l'affaire en est restée là. Et je n'aurais pas de réponse tout de suite. Pas avant de te rejoindre.


"Asked myself what it's all for
You know the funny thing about it
I couldn't answer
No I couldn't answer"



Je me souviens. Tu t'appelais Kaneda. En référence à cet orphelin, chef de bande, alcool, sexe et rock japonais. La bande c'était sa famille. T'étais pas orphelin, t'avais des parents, sauf qu'ils ne t'aimaient pas, ou mal. C'était ce qui nous liait. Cette blessure qui ne cicatrisera pas. Loic, Bandini, les Duduchons, ST, puis So, la benjamine, ma petite sœur. C'était la famille. C'était la notre. On ne fait pas ça à la famille. Kaneda n'a jamais laché Tetsuo. Il n'a pas toujours été cool, mais il ne l'a jamais abandonné.
Je me souviens, tu ne croyais pas en l'amour. Je comprends ça. Comment quelqu'un pourrait nous aimer alors que nos propres parents ne le faisaient pas ? C'est impossible. Et pourtant on t'aimait mec. On t'a toujours aimé. Mais on ne pouvait pas te suivre. Tu refusais. Alors oui, on t'a laissé partir, en espérant que tu reviendrais un jour. Mais tu n'es jamais revenu.
Du haut de nos vingt-cinq ans, nous n'étions tous que des enfants qui ne cessaient de fuir en tentant de se raccrocher à ce qu'ils pouvaient. Mais il n'y avait rien. Ou si peu. Juste des croyances. Des croyances, en la Fée Bleue, en CLint Eastwood. Des croyances...


"May be illusion
Keep flashing off and on
 

Je me souviens de cette sortie à Fontainebleau avec Laure. On avait joué à "celui qui touche le sable a perdu". On avait sauté sur tous les rochers avec nos corps endoloris d'alcool et de clopes. Je me souviens encore de ces 5 jours de courbatures immondes. Tu rigolais mec. Tu t'es marré ce jour là.
Tu sais il y a une croyance qui dit que chaque individu n'est que la moitié d'une âme et que quelque part dans le monde existe une autre moitié. Je me souviens d'un jour t'avoir dit ou d'avoir pensé, je ne sais plus, on devait en tenir une bonne ce jour-là, que tu étais mon âme soeur. Mais bon, tu étais un mec et en plus tu étais noir. Alors bon. Mais tu étais mon juste opposé. Nous étions d'accord sur tout concernant la vie.
Je me souviens de toutes ces nuits, de tous tes monologues que nous écoutions jusqu'à ce que le soleil soit déjà haut dans le ciel. Tu parlais, je t'écoutais. Nous étions d'accord sur tout. Sur la confiance, sur l'amour, sur l'amitié, sur cette chienne de vie. Notre seule différence était la croyance. Et tu n'avais pas l'énergie. Tu n'avais pas l'énergie pour affronter ce que nous sommes, toutes ces galères qui nous étaient encore réservées, toute cette banalité, cet ennui que chérissent tant les gens. Tout est vain. Nous le savions.
Tu sais, on me dit souvent, avec un brin de je sais pas quoi dans l'intonation, que je suis un écorché. Alors je réponds, mais courir 20 heures d'affilée c'est facile, il n'y a rien de plus simple. C'est vivre chacun de ces jours qui passent qui est difficile. Chaque jour est une lutte sans merci pour notre famille. Mais les gens que je fréquente maintenant ne peuvent pas tous comprendre ça. Toi tu pouvais, mais tu n'avais pas l'énergie.
Elle était belle notre bande. Tu sais, on regarde souvent ces films, on lit souvent ces livres, en se projetant, en se disant "mais pourquoi nous on a une vie de merde, pourquoi nous on vit pas dans un film". Mais toute notre vie est un putain de film. On pourrait écrire un roman sur la vie de chacune des personnes de notre famille.
Il y a eu cet épisode où nous étions tous ensemble, réunis sous le même toit. Ce n'était qu'une partie de notre film. Je me souviens de Bandini qui ne jurait que par "La vie Rêvée des Anges". Avec un bon réalisateur, un bon auteur, nos vies seraient un chef d’œuvre. C'est juste qu'on ne peut pas être acteur et spectateur en même temps. Et maintenant qu'on a joué cette partie, que je la revisionne. Je peux te dire que c'était bon. On a tous été bon.


"Free
Wanna be free
Gonna be free
And move among the stars
You know they really aren't so far"



Je me souviens de toi assis dans cette cuisine rose parlant de la vie et de la mort. Je me souviens de toi sur cet échafaudage de cinq mètres de haut pour poser le papier peint. Je me souviens de toi et du lecteur mp3 que tu ne lâchais jamais. Je me souviens de toi et de ton litre de bière qui t'aidait à t'endormir. Je me souviens de toi parti en Mongolie constater que la vie est aussi pourrie de l'autre côté du monde. Je me souviens de toi faisant ta chambre dans le cagibi sous l'escalier comme un Harry Potter de trente piges. Je me souviens de toi après ton jeun de 40 ou 60 jours, cette expérience qui t'avait tant fait rigoler. Je me souviens de de l'aéroport à 6h du mat' complètement raide pour ton départ au Japon. Je me souviens du matin où je t'ai trouvé dans les 4 mètres carrés de notre salle de bain, allongé sur le carrelage la tête entre les chiottes et la douche. Je me souviens de ce trou dans la vitre du balcon que tu avais percé avec ton poing. Je me souviens de vos colères. Je me souviens aussi des ces moments de plein air. Je me souviens mec. Je me souviens.

Tu savais que tous ces moments, ensemble, finiraient pas cesser. Nous étions trop blessés pour ça. Ça te rendait dingue de nous imaginer vivant chacun de notre côté en se tapant des bouffes tous les trois mois comme de bon petits gars embourgeoisés. Quand j'y repense moi aussi ça me rend dingue. Mais pourtant c'est ce que nous désirions tous secrètement. Avoir une vie comme les autres. Le boulot, le dodo. On en rêvait quelque part. On le souhaitait de tout notre âme tout en sachant qu'on ne le supporterait jamais.

On a beau dire que le temps soignent les plaies, mais nous savons tous que ce n'est pas vrai. Il y a des blessures qui ne guérissent jamais. Nous ne guérirons jamais. Tu nous le rappelles aujourd'hui. Et tu dois bien de fendre la gueule. Tu as tout mis en scène pour avoir raison jusqu'au bout. Là dessus aussi nous étions d'accord toi et moi. A la fin, que ça soit d'un côté ou de l'autre, c'est nous qui gagnons. On nous a pris trop de choses pour qu'il en soit autrement.


"Everything is clearer now
 Life is just a dream you know
That's never ending
I'm ascending"



J'allais dire que tu n'avais pas l'esprit Fuck Them All. Mais ce n'est pas vrai. Tu es allé au bout de ton histoire avec ce que tu avais. Tu les as bien baisés. C'est peut-être pour ça qu'à chaque fois que je commence à sentir cette envie de pleurer en repensant à toi, je finis par rire tout seul comme un con. Tu les as bien baisés ! T'as tout mis en scène pour nous prouver que tout ce que tu disais était vrai.
Tu n'as eu le droit qu'à 5 lignes de faits divers sur une page internet que personne ne lit jamais. Tu n'es même pas cité. Et on a mis 3 ans avant de retrouver ton corps. Oui, tu avais raison, tout le monde s'en foutait et tout le monde continuera de s'en foutre. C'est pour ça que je suis là à t'écrire. Parce que personne n'en a rien à foutre. Ils essaient de nous faire croire le contraire pour la bonne morale, mais une vie, la tienne, la mienne, ça vaut que dalle. On le sait.
Sauf pour la famille mec. Pas pour celle dans laquelle on a échoué en venant au monde mais pour celle qu'on s'est construite. Là ça fait chier. Tu fais chier enfoiré ! C'est pas parce que que nous nous sommes enfamillés avec ST, que mes sœurs cherchent leur petite voix, que Loic s'est étrangement pris de passion pour le métier d’orthodontiste ou que Bandini vit en Afrique que la famille n'existe plus. Elle est toujours là la famille. Elle le sera toujours mec. Grâce à la blessure qui ne guérira jamais. Nous serons toujours là. Il ne se passe pas un de ces putains de jour sans que l'un d'entre nous pense à l'un d'entre nous. Nous sommes loin et liés. C'est cette blessure qui nous protège de la vie. Et c'est pour ça qu'on la laisse ouverte. Et c'est pour ça, et ça va te faire chier mec, oh oui ça va te faire chier, c'est pour ça qu'on te garde en nous.